| Paroles de tatoués et de percés |
Fred et son amour des Apaches, Joël et son goût du piercing, Patrice et sa vision de la vie... Ils disent pourquoi ils se sont fait tatouer ou percer Frédéric et les Apaches
Frédéric a commencé par un petit cœur sur le dessus du bras, en le faisant lui-même, à l’ancienne avec une aiguille, du fil et de l’encre. Il avait 16 ans et se posait des questions depuis longtemps. Un jour, il a rencontré un ancien marin. "Il était beaucoup tatoué et cela m’intriguait". Depuis, son corps s’est peuplé : les bras, le torse, le dos... Où s’arrêtera-t-il? "On verra. Quand il n’y aura plus de place". En 1992, il a fait reprendre ce qu’il avait fait et a enclenché la vitesse supérieure, plus professionnelle, en noir et blanc, "parce que la couleur ne ressort pas comme le noir". "Certains tatouages ont une signification. Pour d’autres, c’est la passion, l’envie. Soyons franc, c’est une façon d’être différent". Sa passion, ce sont les Apaches. D’où le tatoo sur le poignet: "Géronimo Apache chief 1829-1909". "Un hommage, une façon de partager leur culture".
Joël et ses piercings
Il a 22 ans et "le premier, c’était à 16 ans sur la lèvre. J’avais vu cela sur un gars, Travis, le batteur de Blink 182... que je déteste maintenant! Je l’ai fait quand je suis parti de chez moi. Mes parents étaient contre. Depuis, ils ont compris que l’on n’est pas un violeur, un tueur parce que l’on a un piercing ! Je suis sérieux, j’ai un boulot". Et le piercing dans le nez, Joël le cache en le rentrant à l’intérieur si nécessaire. De toutes les manières, "trop de piercings, j’aime pas. Mais pour mettre en valeur quelque chose, c’est bien. C’est un ornement". Pourtant, "à une époque, j’en avais de plus en plus et puis je me suis aperçu que c’était une sorte de concours pour voir qui peut être le plus hardcore. Ce genre d’attitude, c’est un peu gamin".
Patrice et son ouro bouros
Tout un monde sur les bras de Patrice. "Un ouro bouros, signe de vie celte. Celui-ci ne se mord pas la queue parce que je crois qu’il n’y a qu’un seul cycle". Signes de vie, de mort... Un chardon aussi parce que le trentenaire est d’origine écossaise et que ce chardon est une manière de l’afficher. Il dit : "J’ai horreur des gens qui renient leur passé". Il dit aussi que ses tatouages "sont peut-être une barrière par rapport à ceux qui ne me connaissent pas". Il aura longtemps hésité à le devenir, ce tatoué. Il faut dire que "parmi les tatoués, beaucoup ont des bouses !" Lui a attendu de rencontrer une tatoueuse avec qui la confiance s’est installée.
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