| Vélo : il faut pédaler plus fort encore ! |
De plus en plus de vélos, de plus en plus de pistes cyclables et plein de problèmes à régler, notamment celui de la pertinence d’un système type Vélib’.Petit tour sur les pistes avant que Grenoble n’accueille, le 18 avril, la journée d’étude nationale de la Fédération des usagers de la bicyclette (Fubicy). Prenez un arceau. C’est pratique, un arceau, pour accrocher son vélo et ce n’est pas grand’chose dans le paysage. "Nous avons prévu d’en installer 1000 par an qui viennent s’ajouter aux 5000 places déjà existantes dans l’agglomération. Mais certaines communes sont réfractaires. Vous savez, quand on vient de refaire une place sans penser au vélo...", explique le service Mobilités douces de la Métro (communauté d’agglomération) compétente pour les aménagements cyclos. 43 000 cyclistes réguliers Tel est le Grand Grenoble : dans le peloton de tête des villes cyclophiles et susceptible de faire bien des progrès encore. Ce qu’elle a, c’est 260 km de pistes cyclables (sans dénivelé), une expertise de ses techniciens en matière d’aménagement, des associations vélophiles bien organisées, des fêtes du vélo, un système de location/entretien des bicyclettes, de la sensibilisation dans les écoles. Ce sont aussi 43000 cyclistes réguliers (enquête ménage 2002), soit 10% de sa population, bébés compris. Ils font 20 millions de déplacements par an quand les transports en commun en font 75 millions. Gageons, au vu de la circulation urbaine, que la très prochaine enquête portera le curseur plus haut encore. Passer à une vitesse supérieure "Nous avons un programme 2007-2012 d’investissement dans les infrastructures : 6 M€ à 10 M€ par an", plaide encore la Métro. Quel mauvais esprit rappellera le coût de la ligne C du tram, qui intègre les aménagement cyclables, il est vrai? 450 M€. Les associations pro-mode de déplacements alternatifs (à la voiture), cependant, disent systématiquement que cela ne va pas trop mal. L’ADTC (Association pour le développement des transports en commun), enchaîne en déplorant "un essoufflement gênant le passage à une vitesse supérieure. Il a fallu des années pour faire les passerelles au Rondeau (qui a brûlé voici peu) et à Eybens alors qu’elles étaient au schéma directeur. Maintenant il faudrait notamment une vraie passerelle pour la Prequ’Ile". Une voie prise à l'autoroute Cette dernière devrait être opérationnelle en 2011. D’autres, désirées par les cyclistes (liaison Gières/Meylan, Grenoble/Eybens/Échirolles), ne sont pas à l’ordre du jour. Autrement dit, la belle intelligence est gênée par un manque d’investissement et la "culture vélo", celle qui fait accepter des budgets en hausse, n’est pas suffisante. Illustration : l’agglomération a été la première à avoir réduit une chaussée d’autoroute pour faire une piste cyclable (au Rondeau). Elle n’a pas réussi à récupérer une voie de stationnement sur la très commerçante et grenobloise rue de Strasbourg. Tant pis, le cycliste a le droit de la remonter en sens interdit... à condition de ne pas être trop impressionnable. ![]() Photo Henri Porchier
LA RENCONTRE Ce n’est pas grand public mais cela fera de Grenoble la capitale du vélo vendredi 18 avril. La Fédération française des usagers de la bicyclette (Fubicy), qui regroupe 145 associations locales de promotion du vélo, tient sa 10e journée d’étude à l’université Stendhal sur le campus. "Le vélo entre en gare" sera l’un des thèmes de travail.
LA BALADE Un peu pour apprécier (ou pas) les aménagements des pistes cyclables, un peu pour faire du cyclo-tourisme en petit groupe avec un guide : la balade de la Fubicy ouverte à tous dimanche 20. Le top départ est autour de 13 h 30 devant l’université Stendhal sur le campus. Détails au 04 76 21 46 01.
LE (BON) PLAN Un plan très complet des pistes sur l’agglo disponible dans 200 points de diffusion : marchands de vélos, mairies, entreprises, bibliothèques, MJC... Le nouveau, qui intégrera les nouveaux aménagements, sera publié courant mai.
LE TEST Un problème d’itinéraire ou n’importe quelle autre question vélo? "Nous contacter", a dit la Métro, "nous répondons". C’est sûrement vrai mais la réponse se fait un peu attendre. Une demande d’itinéraire (entre Vigny-Musset et Saint-Égrève) était vendredi dernier sans réponse après 8 jours d’attente. Débordé, le service ?
L’OBSERVATOIRE C’est un travail de fourmi et il a commencé voici peu de mois, après avoir passé mille obstacles d’ordre administratif : chaque accident impliquant un cycliste dans l’agglomération est minutieusement décortiqué à la Métro. L’objectif est bien entendu d’améliorer les infrastructures.
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