Sur la table, le dico français-allemand aux coins abîmés a remplacé les cacahuètes. Au-dessus des verres, les langues s’emmêlent entre Goethe, Shakespeare et Molière, débattent entre la Fête de la Bière, Big Ben ou Domenech. A la santé du rapprochement entre les peuples.
Au XIII, l’association Happy People squatte comme toujours un coin du bar. Quatre pour commencer autour de Cordelia l’Allemande. Puis trois autres avec Steven l’Ecossais. Et d’autres encore. Des Français. Un Américain “qui a la cote avec les filles”. Des Iraniens, des Canadiens. Une chouette ambiance. “On a aussi des Chinois, quelques Italiens parfois”, énumère un habitué des rencards du jeudi soir, où il n’est pas rare de voir un Anglais répondre en français à une question posée par un Japonais.
L’idée de ces cafés linguistiques date de 2006, lancée par deux jumelles, “deux passionnées d’interculturel qui voulaient rencontrer des étrangers et pratiquer plus régulièrement les langues”. L’idée a fait son chemin et 92 kilomètres pour débarquer à Grenoble fin 2008. Et ça cartonne : peu d’étudiants “qui ont déjà InteGre sur le campus”, mais beaucoup de jeunes actifs, des jeunes d’ici qui trouvent “les étrangers plus ouverts” comme des jeunes étrangers à la recherche de connaissances. Le référent grenoblois, c’est donc Steven l’informaticien, qui trinque avec Rew le chercheur anglais et qui rigole du dernier mot français qu’il a appris : “Bonnasse”. “Péter à la gueule”, répond Rew qui se marre encore plus fort, rejoint par JC, un Français originaire du Maroc qui voulait “rencontrer du monde” et qui un jour,
en tapant “parler + anglais + grenoble” sur Google, est tombé sur “Happy People” et qui y a, depuis, “trouvé des amis".
De plus en plus happy...
Depuis les expériences de Valence et de Grenoble, le réseau “Happy People” tisse sa toile avec des lancements à Bourges, Lyon, Toulouse, Romans, mais aussi une section en Allemagne, à Duisbourg. Le “boss” de la branche valentinoise, Romain Galati, développe : “Depuis septembre dernier, nous pensons créer une fédération internationale, afin de réunir toutes les initiatives similaires. Il s’agit d’un projet ambitieux, mais l’expérience acquise depuis quatre ans permet d’être optimiste. Des groupes en Pologne, en Italie et en Ukraine souhaitent déjà nous rejoindre”.
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Je rentrais de St Laurent du Pont, où le film Un dernier verre pour la route venait d'être projeté. D'après le livre éponyme d'Hervé Chabalier, la prise en charge des malades alcoolodépendants en institution. Y assistaient, entre autres, des bénévoles de l'association Vivre sans Alcool Isère, dont un jeune de 21 ans (abstinent depuis 15 jours).
That's all folks!