LES INTERVIEWS DE GRENEWS.COM
Conseiller municipal à Grenoble en charge de l'Accessibilité, de la Prévention, de la Préconisation sociale. Sur le terrain depuis près de 20 ans, la nuit, aux côtés des SDF, avec l'association qui porte son nom. Longtemps commerçant aux Halles. Aujourd'hui dans un boulot avec les handicapés intellectuels, ex-RPR désormais MoDem qui travaille avec le PS et le PC à la mairie. Stéphane Gemmani multiplie les casquettes. "C'est pour cela qu'il a la grosse tête", peste un élu. Voilà pourquoi le début de l'interview, c'était "tout à l'ego". Et ensuite? A lire ci-dessous.
- L'entretien démarre toujours par une question posée par l'interviewé précédent. Voici la question (gentille) de l'UMP Marie-Christine Tardy: "Cher Stéphane, vous êtes reconnu pour votre investissement dans le milieu associatif, vous êtes désormais un élu... Avez-vous changé votre regard sur les hommes politiques ?"
Certains disent que le politique n'est que l'élu. Moi, j'estime que le politique, c'est aussi l'acteur associatif qui a sa vraie fonction dans la cité. Mon regard sur la politique n'a donc pas forcément changé. Mais sur l'élu, peut-être un peu, oui. J'ai toujours cette faculté d'indignation. Je me connais: je suis un latin, je pars vite dans les étages, mais je redescends tout aussi vite. Bref: disons que la vie d'élu apprend un peu l'humilité. Avant, tu idéalises la fonction, tu penses qu'une fois élu, tu prendras des décisions de manière presque instantanée. Maintenant, je m'aperçois qu'il y a tout un dédale administratif.
- Mais alors ça ne sert à rien d'être élu, si rien ne bouge !
Si, parce que tu n'as pas les mêmes outils pour agir.
- Est-ce que le Stéphane Gemmani du milieu associatif a envie de gueuler sur le Stéphane Gemmani de la mairie, parce que ce dernier ne fait pas assez vite avancer les choses ?
Moi, je me suis toujours foutu des coups de pied au cul, je le fais quotidiennement. Certains me disent: "Mais ne manque pas autant d'assurance, parce que ce que tu fais, ce n'est pas si mal !" Mais je suis comme ça, j'estime que l'humilité c'est important dans l'action publique. Si tu ne te remets pas en question régulièrement, tu n'avances pas, tu prends la grosse tête, tu as l'impression que plus personne ne peut rien t'apprendre. Et moi, j'apprends tous les jours (...) J'ai arrêté ma vie de commerçant, j'en avais marre. Je n'avais plus la foi. Un matin, tu te lèves et tu te dis: "Putain, j'ai 38 ans, je vais crever là-dedans et je n'aurai pas tenté autre chose". Aujourd'hui, j'encadre donc des personnes handicapées dans le milieu du travail.
- Je repose la question: est-ce que l'associatif que vous êtes a des raisons de se plaindre de l'élu que vous êtes aussi ?
Pour l'instant, non. Je bosse beaucoup. Les seuls coups de pied au cul que je me donne, c'est sur ma perception de la vie politique. Comment m'assagir sans perdre ce que je suis ? C'est philosophique ce que je dis, et c'est une certaine torture. C'est profond, parce que je le vis en permanence. Peut-être qu'à une époque, j'aurais été moins diplomate sur certaines choses... Là, j'en connais qui vont rire en lisant ça. Gemmani, diplomate ? Ici, certains me traitent presque de "shaman", de "grand idéaliste"...
- Et Gemmani qui parle d'humilité, ça aussi, ça va faire rigoler. Vous, humble ?!?! Ce n'est pourtant pas la qualité qu'on vous reconnaît en premier...
Oui, c'est vrai, parce que j'ai un caractère de merde ! Et puis de l'ego, on en a tous, non ? Mais j'avoue, j'ai étudié la question.
- On n'est pas tous égaux devant l'ego. Votre association, par exemple, s'appelle... Stéphane Gemmani !
- Mais vous la comprenez, la critique bien connue en ville: Gemmani il a la grosse tête, il aime la lumière, avoir sa tronche dans le journal...?
Je n'ai pas peur d'avoir ma tronche dans un journal, ce n'est pas pour ça que je vais me tripoter quand je vois ma gueule à la une. J'estime que, si on doit faire passer un message, les médias sont un outil indispensable. L'essentiel, ce n'est pas moi, c'est l'action, parce que le vrai engagement est là. On peut aimer l'action, la critiquer, pas de problème. Mais oui, à un moment, je me suis dit qu'être dans la lumière pouvait être handicapant pour l'action. Je l'avais dit aux bénévoles: "Il va falloir pousser l'association Stéphane Gemmani dehors pour laisser la place à Vinci Codex". Mais les bénévoles n'étaient pas d'accord, ils me disaient: "Tu ne te rends pas compte, tu es devenu une marque. Dans la rue, ça nous est même protecteur, les gens nous appellent tous Gemmani, il y a un côté grande famille et sympa". Voilà. Je peux comprendre qu'on ait pu dire de moi que j'étais un mec avec un ego surdimensionné. Mais je ne regrette pas d'avoir donné mon nom à l'association, malgré les quolibets. Si c'était à refaire, je le referais. On a 120 à 140 bénévoles. Aucun ne m'a jamais fait une remarque là-dessus.
- Savez-vous que vous avez un point commun avec Paris Hilton ?
(Il rit) Le chihuahua ! (Et il rit encore)
Non: sur votre site, il y avait la possibilité de télécharcher la photo de Stéphane Gemmani pour en faire un fond d'écran !
Oui, mais c'était juste une connerie avec un pote. Rien à voir avec l'ego...
- Maintenant que vous êtes l'élu le plus humble de la terre, comment faire pour ne pas devenir transparent ? Exemple: en conseil municipal, vous n'intervenez quasiment jamais. Vous qui êtes d'habitude en première ligne, comme vivez-vous le fait d'être dans l'ombre de Philippe de Longevialle, d'Olivier Noblecourt, etc.?
Je ne suis pas du style à parler pour parler. Et j'ai besoin de m'imprégner de l'action municipale. La première année, j'en ai vraiment chié ! Les premiers mois, c'était même presque le pénitent. Il fallait presque que je m'excuse d'être ce que j'étais, d'avoir fait ce que j'ai fait. Quelque part, ils ont dû avoir cette image du mec qui arrive et qui dit: "Bougez pas, je m'appelle Stéphane Gemmani, je vais vous apprendre ce que vous ne savez pas". Alors que c'est moi qui avais envie d'apprendre ! J'avais besoin d'un peu de temps. C'est pour cela, peut-être, que je n'interviens pas tellement au conseil municipal. En même temps, le conseil municipal, ce n'est que la vitrine du travail, le grand théâtre. Moi, je préfère beaucoup travailler derrière, avancer des idées en amont, même si elles sont reprises par d'autres.
- Vous voulez dire quoi ? Que des petits copains vous "piquent" vos idées pour se les attribuer en public ?
Je n'ai aucun problème avec ça. Certains veulent briller avec mes idées ? Et alors ? Le but, c'est que les choses se fassent. On me dit que c'est le jeu politique. Bon...
- Le "certaines personnes", c'est qui ? Vous avez la réputation d'être zéro langue de bois, donc: des noms ! Olivier Noblecourt ?
On va dire qu'il n'y a pas qu'Olivier Noblecourt. Avec Noblecourt, on a deux caractères complètement différents. Mais on n'est pas totalement opposé. Rendons à César ce qui appartient à César: Olivier, c'est un mec brillant, intelligent. Mais de temps en temps, il manque de souplesse. Parfois, c'est vrai, j'aimerais bien qu'on bosse un peu plus ensemble. On a fait un bon truc: les groupes projets avec le CCAS, on a sorti 40 propositions, moi j'ai animé tout ce qui était lié au développement social et solidaire, sur les hébergements d'urgence, sur les centres sociaux...
- Changeons radicalement de sujet. Vous êtes identifié "acteur associatif", OK. En revanche, personne ne vous allume sur votre étiquette "vient du RPR". Quand les critiques pleuvent contre les ex de droite qui sont dans la majorité Destot, ça tombe sur Betto, sur Thiar, sur Ariane Simiand, un peu sur Longevialle. Pourquoi pas sur vous ? Et pourquoi ce passage au RPR ?
J'ai été au RPR sans y avoir trouvé ce que je cherchais. Moi, je suis petit-fils d'immigrés italiens, mon grand-père, quand il est arrivé, il était résistant avec les communistes du Nord-Isère. Il était fier, il se foutait complètement de la politique, en revanche, quand il parlait du général de Gaulle, il avait des trémolos dans la voix, l'oeil brillant. Mon père, lui, était dans les jeunesses communistes mais il a soutenu Chaban en 1974. Donc, j'étais sur cette frange gaulliste, sociale, chabaniste. Ça fait un peu vintage quand tu en parles, mais bon (...) Je connaissais aussi de vrais vieux gaullistes, qui avaient été militants et tu sentais qu'il y avait presque une notion altermondialiste dans de Gaulle. C'était le côté "l'homme au centre de tout". Il a aussi fait de grosses conneries, mais il y avait quand même quelque chose de pur dans de Gaulle. Je me suis donc inscrit là-dessus.
- Donc, direction le RPR...
De façon pragmatique je me suis dit: "Si on veut avancer dans le schéma électoral, avoir une possibilité d'agir, il faut malheureusement intégrer un parti politique classique". Quel est le parti politique classique qui me correspondait le mieux ? Moi je cherchais les valeurs gaullistes... alors je suis allé au RPR. Rappelons qu'à l'époque, le RPR, ce n'était pas l'UMP. Il y avait des gens humainement vachement intéressants. Ce n'était pas cette jet-set berlusconnienne.
- Si je vous dis "Carignon", vous me répondez quoi ?
Carignon ? (Il rit) Ben c'est fini. Enfin, non, ce n'est pas fini. C'est une bête politique et je ne suis pas sûr qu'il ait envie de rester sur un échec. En tout cas, à l'UMP, ils doivent s'attendre à des coups de Trafalgar.
- C'est un boulet au pied, aujourd'hui, d'être passé par le RPR ?
Non. Certains ont bien envie de m'alourdir avec ça. Mais aux yeux de Destot, ce n'est pas un boulet. Attention, je sais qu'avec Destot et les socialistes, je n'ai pas affaire non plus à la galerie de l'Ile aux enfants. On ne traite pas avec les Barbapapa, ils ont une expérience politique, ce sont des durs de durs. Malgré tout, Destot, c'est un type que j'aime beaucoup, il a une fibre humaine vachement développée. Mais je ne suis pas dupe: il n'est pas là non plus pour rien.
- Pourquoi n'êtes-vous pas au PS aujourd'hui ? Les différences sont-elles trop importantes ? Ou alors, c'est de la pure stratégie: mieux vaut être le 3e d'un plus petit que le 25e d'un plus gros ?
J'ai la culture de l'équipe. Toi tout seul, tu ne fais jamais rien. Et c'est peut-être ce qui peut pourrir un peu le fonctionnement en interne à l'heure actuelle. Il y avait une vraie ambiance pendant la campagne, une envie de faire de la politique autrement. Mais le second tour passé, on a commencé à penser: "Qui va être le successeur de Michel Destot ?" Certains s'en défendent, mais beaucoup se rasent déjà le matin en y pensant.
- C'est vrai que Jérôme Safar, un temps barbu, se rase à nouveau...
Ouais, mais il n'y a pas que lui. Enfin, ce serait à lui de le dire, mais il pourrait, parce qu'il a un bagout, des capacités, parce qu'il est intelligent. A lui de faire ses preuves. Attention: je pense qu'on peut avoir des surprises si on se pose déjà trop cette question. Il ne faut jamais amoindrir la partie adverse.
- Même quand elle fait moins de 30% au second tour ?
Oui. C'est le peuple qui décide. Alors attention à cette petite guéguerre qu'on peut avoir en interne et qu'on ressent à tous les niveaux ?
- C'est-à-dire ?
Il y a des clans en interne. Et ça me fait chier. Je le répète, j'ai la notion de l'équipe. C'est peut-être idéaliste, mais ce n'est pas utopiste. On a eu "réinventons la démocratie" à la MC2. C'est bien, la théorie, mais maintenant, passons à la pratique ! Le maire a la capacité de le faire (...) Je crois fermement que l'équipe gagnerait à bouger un peu... Faire tourner, pour aérer les meubles. Osons ! Grenoble est la ville idéale pour cela. Il y a un engagement phénoménal. On est les champions du monde de la consultation et des réunions, on a un tissu associatif admirable, on est le berceau du planning familial. On est des innovateurs, mais là-dessus, eh bien, on ne se lance pas.
- Parce que ça ne s'inaugure pas, contrairement à un stade, à un quartier ?
Changer radicalement la démocratie, c'est énorme, c'est quelque chose qui restera. Le planning familial, ça marque, ce n'est pas un stade, un monument, une statue, une plaque commémorative, mais c'est fondamental et ça traversera le temps. Alors que qui se rappelle du stade Charles-Berty ?
- Quand vous étiez candidat à la candidature aux municipales si Longevialle n'y était pas allé, vous proposiez que le maire tourne tous les deux ans. Dites ça à Destot et il vous répondra "merde" !
Je ne pense pas qu'il me dira "merde". Il me donnera des arguments. Mais en même temps, je ne sais pas. Je n'en ai jamais discuté avec lui (...) Ce qui m'intéresse là-dedans, c'est qu'on désacralise le maire. Je suis chabaniste pourtant, Chaban, il est resté 50 ans maire de Bordeaux, il a tout sclérosé (...) On a pas mal de nouveaux élus dans cette liste, mais dans les services, c'est parfois les mêmes. Et de technocratie, tu bascules dans la technocrature, avec des technocrates qui sont parfois plus politiciens que les élus eux-mêmes. Tout dépend de la volonté de l'élu de s'impliquer. Parfois, bon, ben, il fait trop confiance à certains techniciens qui eux, ont un peu thermoformé l'action publique (...) Et puis moi, je suis même persuadé que le maire, qui fait tout mais qui n'a pas de spécialité, il aimerait peut-être descendre de son truc pour prendre un dossier à bras le corps.
- Cas pratique: Michel Destot, vous le verriez sur quel dossier ?
Dans le médico-social, il est bon. Je le vois, je suis administrateur au CHU, il est toujours là. On sent que ça l'intéresse. Et s'il a mis Olivier Noblecourt au CCAS, ce n'est pas pour rien non plus. Il sait qu'Olivier, très technique, sait bien mener la boutique. Olivier, à mes yeux, ce n'est pas un nouvel élu, il connaît la maison mieux que n'importe qui. Il aurait pu être adjoint à tout, parce qu'il connaît tout. Il a une vraie sensibilité sociale. Il a aussi de vraies attaches parisiennes par rapport à Martin Hirsch qui pourraient l'aiguiller sur autre chose. Olivier va aller loin.
- On parlait tout à l'heure de ceux qui pensaient au poste de maire, le matin, en se rasant. Vous est-il arrivé, le matin, en ne nous rasant pas, de penser à démissionner ?
Ouais.
- Quand ?
Dans les premiers mois. C'était cyclotimique.
- A cause de vous ou des autres ?
C'était partagé. Moi, je le répète, j'ai un caractère de merde. J'idéalisais beaucoup la vie politique. Et je pense encore qu'on peut changer les choses. Faire de la politique autrement, certains disent que c'est une grosse arnaque médiatique. Moi, j'y crois vraiment. Donc, parfois, je me suis dit: "Putain, mais qu'est-ce que tu fous là?" Mais quand j'en parlais à des proches, ils me répondaient: "Ne bouge pas, il faut admettre que des gens croient en toi". Donc au final, je me suis dit: "Si je pars maintenant, c'est de la lâcheté". Maintenant, je me dis plutôt: "Je verrai bien". Je ne m'interdis rien. Et pas non plus de démissionner si je suis confronté à quelque chose d'inadmissible.
- Exemple ?
Je ne sais pas. Je suis un affectif donc si ça arrivait, je le sentirais vite au plus profond de moi. C'est pour cela que là, j'ai hésité. Je me connais. Je sais que je suis impulsif, que j'aurais claqué la porte et que je l'aurais regretté le lendemain. C'est mon côté latin, ça. Ce n'est pas un défaut en soi, mais c'est comme ça.
- Avec l'expérience que vous avez acquise sur le terrain depuis près de 20 ans, vous ne la trouvez pas un peu "light", votre délégation à la Ville ? Vous n'êtes même pas adjoint...
Au début, franchement, je pensais qu'on me donnait ce truc-là pour me faire plaisir. "T'as social dans ton truc donc t'es content Gemmani". Mais après, c'est à toi de jouer. J'avoue que je ne suis pas encore satisfait des moyens qu'on me donne. Au niveau accessibilité, c'est bon. Mais pour le reste, il faut que je rencontre des personnes en interne.
- Je change de sujet: vous qui voulez réinventer la démocratie, quel regard portez-vous sur les écologistes grenoblois, qui regrettent l'absence de démocratie, de consultation sur les grands dossiers ? Vous avez des points communs, non ?
Ce que j'ai vu pour l'instant des écolos, enfin, de ceux qui veulent porter les valeurs écologistes, c'est que ce sont des opposants systématiques. C'est ce qui me dérange chez eux. Parfois, on peut avoir des choses en commun, mais ils se ferment, parce que c'est toi. Moi, je n'ai pas l'impression d'être un dangereux facho de droite. Ils ont parfois des réactions austères, sectaires. Faut qu'ils se décontractent, quoi !
- Posons la question clairement: vous sentez-vous plus proche au niveau des idées d'un Matthieu Chamussy (droite) que d'un Gilles Kuntz (Verts/Ades/Alternatifs) ?
J'ai bien bossé avec Gilles Kuntz dans les travaux du CCAS. Mais moi, Matthieu, c'est quelqu'un que j'aime bien aussi. Il y a des valeurs humaines communes. Et il y a d'autres choses qui me plaisent moins, je pense à un certain clientélisme. Moi, Chamussy qui va prendre la parole pour défendre le gouvernement, je n'y crois pas, ça sonne faux.
- On a toujours du mal à positionner le MoDem. Vous, personnellement, vous êtes plutôt MoDem un peu plus à gauche, MoDem plus à droite ou centriste pile-poil au centre ?
N'importe comment, quand j'étais au RPR, j'étais un dangereux gauchiste. Mais aujourd'hui (il réfléchit), les répartitions géographiques, ça m'emmerde. Je le répète, moi, je veux faire de la politique autrement, avec pragmatisme. Faire de la politique autrement, ce n'est pas aimer les petites fleurs, les petits arbres, un truc idéal avec des piou-piou partout.
- Histoire d'avoir une indication, au second tour de la présidentielle 2007, vous avez voté Royal ou Sarkozy ?
Ségolène Royal. Parce que Sarkozy, je n'ai jamais pu, même quand j'étais au RPR.
- Un petit mot sur le Stéphane Gemmani candidat sur son nom, qui n'avait pas cartonné lors des dernières cantonales...
J'avais fait 10%, un truc comme ça. J'avais été un peu déçu. Je pensais faire plus et je me suis pris une grosse baffe dans la gueule. Après, on est dans un canton urbain (Grenoble V), et les gens votent pour ceux pour lesquels ils ont l'habitude de voter. J'ai rencontré des électeurs PS ou UMP qui m'ont dit: "On t'aime bien, mais on votera comme d'habitude".
- Après avoir commencé à droite, et alors que vous travaillez avec la gauche, vous trouvez-vous à votre vraie place au MoDem ?
Oui. Mais il faut qu'on ait un vraie corps. Pour l'instant, il a une tête. Mais moi, je n'ai pas envie que le MoDem soit uniquement l'outil pour que Bayrou soit président en 2012.
- Et l'outil pour aider Longevialle à avoir une petite chance à Grenoble en 2014...
Je l'aime bien Philippe. On n'est pas toujours d'accord, parfois, ça a même coincé sec, mais il a pris tellement de baffes dans la gueule...
- Gemmani ne peut donc pas s'empêcher de venir aider les "cabossés de la vie" !
(Sourire) Non, non. Mais il s'est tellement pris de baffes dans la gueule qu'à un moment donné, il s'est dit: "Soit j'essaie de gagner mais je resterai peut-être l'éternel loser, soit j'apporte ma petite pierre à l'édifice quelque part, parmi les autres petites pierres, pour faire avancer les choses". Eh bien ça, c'est son truc. Il n'est pas défaitiste, mais peut-être que lui aussi, il a mûri. Moi, derrière lui, j'apprends beaucoup.
- Il y a des élus qui sont venus avec vous faire vos tournées nocturnes avec votre association ?
Ils viennent quand ils veulent, ils sont tous invités. Mais il y en a qui sont déjà venus. Jean-Philippe Motte va venir, Nocodie aussi. Gilles Kuntz et Boileau sont venus lors du mandat précédent.
- Bravo: 4 élus sur 58 !
Ouais...
- On pose la question à tous les élus grenoblois, donc allons-y: est-ce que vous aussi, vous vous êtes déjà imaginé, un jour, dans le fauteuil du maire de Grenoble ?
Ouais, quand on est gamin, on se dit: "Si j'étais maire, je ferais ci, je ferais ça..." Mais là, non. Je sais qu'il ne faut jamais dire jamais, mais je ne vois pas comment ça pourrait se faire. Et puis franchement, ce n'est pas ce qui me fait bander. Maire, c'est beau, c'est comme le président de la République, ce sont les plus identifiés par la population, mais quand tu regardes l'action d'un maire, ce n'est pas si transcendant que cela.
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