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Migaud: "La maladie des ego est très développée au PS"
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Par Stephane ECHINARD | le 18/06/09 à 14h33
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LES INTERVIEWS DE GRENEWS.COM.

Enerver Michel Destot ? Possible. Agacer André Vallini ? Possible et même probable. Mais faire sortir de ses gonds le troisième larron socialiste isérois Didier Migaud, ça.... Pourtant, les sujets "un peu chauds" ne manquaient pas: déroute du PS aux européennes, alliances (ou pas) avec le MoDem, Sarkozy, quelques mauvais souvenirs sur le Stade des Alpes, attaques de la maire UMP de Meylan, manque de logements sociaux sur sa commune, cumul des mandats, réforme territoriale, un ministère loupé de très peu et une question de Carignon pour s'échauffer... Alors, le député-maire de Seyssins, président de la Métro, président de la Commission des finances et homme de compromis, a-t-il, un instant, oublié d'être mesuré lors de cet entretien qui a duré une heure ? La réponse est ci-dessous.  


- Comme d'habitude, l'entretien démarre par une question de l'interviewé précédent. Voici celle que vous pose Alain Carignon: "Le synchrotron, Europole, STMicro à Crolles, deux lignes de tramway, le financement du nouveau Palais de justice et de la MC2... Vous représentiez l'opposition avec Michel Destot et André Vallini quand j'étais maire de Grenoble, président du conseil général de l'Isère. Aujourd'hui, avec le recul du temps, que pensez-vous de ces choix" ?

Beaucoup de choses étaient partagées. Je pense que le synchrotron doit aussi beaucoup à Louis Mermaz et au gouvernement socialiste de l'époque.

- A Louis Mermaz et au PS plus qu'à Carignon ?

Ah oui, le synchrotron, oui. C'était une décision qui relevait du gouvernement et pas des autorités locales. Donc voilà. Mais tous ces projets qui sont cités sont aujourd'hui de belles réalisations et on doit s'en réjouir collectivement.

- Quand on fait de la politique, c'est compliqué d'admettre quand le camp d'en face fait quelque chose de bien ?

Non, non. Pour moi, ce n'est pas compliqué. On a chacun des convictions. Mais la politique c'est aussi, me semble-t-il, se respecter, entendre ce que disent ceux qui ne pensent pas comme nous. Vous savez, tout n'est jamais noir d'un côté, blanc de l'autre. Il faut avoir de l'humilité, de la modestie...

- Justement, le jeu politique vous convient-il vraiment ? Ce que vous dites, c'est bien joli, c'est de la théorie, mais en pratique, il y a souvent des coups, et pas toujours au-dessus de la ceinture...

Je ne pense pas avoir jamais donné un coup au-dessous de la ceinture. Ce n'est pas ma façon de faire et j'entends continuer ainsi...

- Voici un coup au-dessus de la ceinture: le Parti socialiste a fait un score catastrophique aux européennes. Même à Seyssins, il a été moins bon que d'habitude...

Il est à 24 %.

Vrai: mais alors, comment expliquez-vous que le PS soit à 24% chez vous mais seulement à 19% sur Grenoble ? Et comment expliquer ce très mauvais résultat d'ensemble ?

Oui, le score est mauvais. Beaucoup des électeurs traditionnels du PS se sont soit abstenus, soit ont voté en partie pour Europe Ecologie. On a beaucoup de traval devant nous. On doit retrouver notre crédibilité et on n'y arrivera que si on est capable de retrouver cet esprit collectif qu'on a perdu.

- Perdu à cause de qui, à cause de quoi ?

A cause d'un nombrilisme, d'un individualisme un peu forcené. On passe trop de temps à se regarder, à parler de nous-même et pas assez à parler avec les autres, à mesurer l'évolution des choses autour de nous, à proposer un autre modèle de développement. La crise que nous subissons aujourd'hui devrait nous donner beaucoup plus de poids pour proposer d'autres solutions que celles des libéraux.

- Mais après la défaite de 2007, après le 21 avril 2002, le PS ne parlait déjà que de travail d'équipe, etc. Et rien n'a changé...

Parce que les maladies dont nous étions atteints en 2002 ne se sont pas atténuées. On n'a pas encore trouvé le vaccin contre la maladie des ego qui est très développée au PS. Donc, d'une certaine façon, nos électeurs ont sanctionné des comportements. Martine Aubry a entrepris tout un travail.

- Faut-il lui laisser du temps ?

Il faut lui laisser un petit peu de temps. Tout ne passe pas par un simple renouvellement des générations, ou par une organisation différente. Ça passe aussi par un profond travail sur les grands sujets de société, par une réflexion collective. Plus que jamais, le projet d'une société différente, d'un autre modèle, se pose. Et là, on attend le Parti socialiste. Même si nous ne sommes pas les seuls, une politique alternative ne peut pas passer sans nous.

- Mais dans quelle direction ce PS aux 1001 sensibilités doit-il aller ? Que faut-il faire, par exemple, avec le MoDem ?

Mais ce n'est pas le sujet ! Commençons par nous retrouver, par travailler, par proposer un projet et ensuite, on verra avec qui nous pourrons discuter ! Pourquoi se situer sans cesse par rapport aux autres ? N'inversons pas les choses ! Je suis étonné par votre question, parce que c'est vraiment la politique par le petit bout de la lorgnette. Vous me provoquez, je vous provoque... Commençons donc par être à nouveau nous.

- A cette question qui vous surprend, voici la sous-question: être socialiste, ça veut aussi bien dire être social-démocrate qu'avoir les mêmes idées que Mélenchon. Donc sans parler d'alliance, puisque ça vous agace, il est où, le cap ? Vers le centre ? Vers votre gauche ?

Il faut que le PS se rassemble, face preuve d'imagination, d'audace. Ensuite, il faut qu'il rassemble la gauche.

- Mais elle va jusqu'où, cette gauche que vous voulez rassembler ?

Jusqu'à toutes celles et tous ceux qui s'y retrouveront. La méthode de François Mitterrand reste bonne: renforcer le Parti socialiste, rassembler la gauche et rassembler au-delà de la gauche.  A nous, d'abord, de montrer, si nous étions au pouvoir, en quoi nous aurions une politique différente, et en quoi nous pourions impulser, amorcer un autre modèle de développement. On voit bien que la croissance pour la croissance, ce n'est pas satisfaisant. Nous avons une vraie valeur ajoutée à apporter.

- Restons sur les alliances: quand vous parlez de rassemblement, dans le "toute la gauche" dont vous parlez, il y a les écologistes ? Le PCF ? Le Front de gauche ?

Le Front de gauche et le PCF ont toute leur place. Et les écologistes aussi, bien sûr. On ne peut pas tout réduire à l'écologie, mais on a beaucoup de valeurs communes, les écologistes et nous. Donc oui, je souhaite qu'on puisse se rassembler...

- A Grenoble, quand on parle du PS et des Verts, on pense plus facilement aux différences qu'aux valeurs communes...

A Grenoble, il y a des spécificités. Bon... En plus, ce ne sont pas forcément des Verts à Grenoble.

- Ce sont quoi: des Verts et rouges ?

Il y a une culture particulière, ce qui rend les choses plus compliquées. Mais à Grenoble et sur l'agglomération, on a fait beaucoup de choses ensemble. Moi, je souhaite que l'on retrouve, dans l'avenir, les chemins d'un dialogue et d'un travail en commun.

- On a lu dans le Figaro, mais pas que dans le Figaro, que le 7 juin, c'était "La raclée des anti-Sarko". Est-ce que vous n'avez pas trop focalisé sur le président, oubliant qu'il s'agissait, avant tout, d'une élection européenne ?

 On ne peut pas exclusivement faire de l'anti-Sarkozysme. Je peux donc comprendre qu'une partie de l'électorat ait été agacée par cette présentation réductrice des choses. En plus, il ne faut pas seulement critiquer, il faut être force de propositions. Réduire notre message à "anti", à "contre", c'est quand même très insuffisant. En plus, on est dans une période de crise, beaucoup de choses sont remises en cause, les gens sont atteints dans leur vie quotidienne, dans leur emploi. C'est une période troublée, ils ont donc besoin qu'on donne une vision, et pas seulement qu'on s'oppose. "Je suis contre", c'est un programme très insuffisant, on doit donc aussi être "pour" un certain nombre de choses. En plus, on est confronté à un président de la République qui est un vrai professionnel, qui est très présent, qui travaille, qui bouscule. Il faut aussi qu'on en tienne compte. Et malheureusement, on éprouve quelques difficultés. On doit privilégier le débat de fond, expliquer pourquoi on conteste la politique de Nicolas Sarkozy... et expliquer ce que l'on propose.

- Lecture toujours: on lit rarement des rumeurs d'entrée au gouvernement vous concernant, lors du prochain remaniement. Alors qu'on parle d'André Vallini toutes les semaines ou presque. C'est flatteur qu'on vous oublie ? Ou êtes-vous déçu que la droite ne vous considère pas comme une "belle prise" potentielle ?

Ça ne m'intéresse pas. Je suis dans une situation un peu particulière. Je suis un membre de l'opposition qui occupe une fonction également institutionnelle: président de la Commission des finances. Mon positionnement est connu. J'essaie d'exercer cette fonction dans un esprit à la fois de responsabilité tout en affirmant les convictions qui sont les miennes. J'essaie, compte tenu des pouvoirs propres que je peux avoir, que la Commission des finances puisse contribuer à éclairer le débat. Sachant que, sur un certain nombre de sujets, on peut se retrouver sur des constats partagés. Ah, de temps en temps... on m'annonce aussi au gouvernement.

- Mais si la droite gagne encore en 2012, ne dira-t-on pas de vous, d'André Vallini ou de Michel Destot, que vous ferez partie de la "génération sacrifiée"? Trop tendres pour être dans le gouvernement Jospin, trop vieux en 2017...

Il faut qu'on le mérite aussi ! A nous de faire en sorte de ne pas être une "génération sacrifiée". Et puis qu'est-ce que ça veut dite "génération sacrifiée"? Nous avons la chance d'exercer des responsabilités, d'avoir la confiance de nos concitoyens sur le plan local... Nous avons aussi des responsabilités nationales. Voilà: il ne faut pas toujours raisonner par rapport à soi-même. Moi, j'ai une ambition collective. Je souhaite que la gauche revienne au pouvoir. Si je peux être utile...

- Dans un collectif, il n'est pas interdit d'avoir des ambitions personnelles. Quelles sont les vôtres ?

Participer à une équipe gouvernementale dans l'hypothèse d'une victoire de la gauche, ça peut être enthousiasmant, oui.

- Il paraît que ça a failli se faire début 2000...

C'est ce qu'on me dit, oui...

- ... et puis, au dernier moment, c'est Florence Parly qui vous a "piqué" le poste de secrétaire d'Etat au Budget...

Oui, oui... Mon nom était sur une short list.

- Une très très short list ?

Oui, paraît-il, c'est ce qui m'a été dit, aussi bien par Dominique Strauss-Kahn que par Christian Sautter. Bon... Ce sont des responsabilités qui ne se refusent pas, mais je n'ai pas de regret parce que j'étais rapporteur général de la Commission des finances. J'ai pu être à l'initiative d'une nouvelle constitution budgétaire, financière et comptable, en coordination étroite avec Alain Lambert, qui était le président de la Commission des finances du Sénat. Je pense avoir fait un travail utile (sourire) qui justement s'inscrit aujourd'hui totalement dans le paysage législatif. Si j'avais été au gouvernement, peut-être que je n'aurais pas eu la possibilité de faire cette réforme...

- Il n'y a même pas le début du commencement d'une pointe de regret ?

(Il réfléchit) Ça ne sert à rien. J'espère avoir fait un travail utile. Les principes mêmes de cette réforme sont, je pense, essentiels. Même si je peux, parfois, regretter leur application à partir d'a priori dogmatiques. Mais voilà... Je préfère me projeter vers l'avenir.

- Projetons-nous simplement... sur l'année écoulée. Si je vous dit numéro 1 sur 577, vous me dites quoi ? (Didier Migaud, dans le récent palmarès des députés les plus actifs, a décroché la médaille d'or, NDLR)...

Je suis heureux, je préfère être premier que dernier. Ça traduit un travail que je crois faire. C'est vrai que je suis dans une position institutionnelle qui me permet d'intervenir plus que d'autres. Et je suis plus souvent présent, puisque je préside (...) C'est un vrai sujet, le travail parlementaire, et l'organisation de ce travail parlementaire, la présence des députés. Je regrette que le parlement ne s'impose pas davantage.

- La faute à qui ? Apparemment, ce n'est pas la faute de Jean-François Copé...

La faute à une certaine pratique, à une culture de démission et de soumission des parlementaires vis à vis de l'exécutif, et ce n'est pas facile d'en sortir. Les députés ont des pouvoirs. Encore faut-il qu'ils les exercent. Quand je parle de culture de démission et de soumission, ce n'est pas seulement au niveau du parlement. Cette culture est forte dans l'opinion, y compris chez vous, les journalistes... Quand un député critique l'action de tel ou tel ministère, tout de suite, ça peut être réduit à "crise dans la majorité". Alors que non: on peut contester un aspect d'une décision gouvernementale sans vouloir remettre en cause l'existence ou la légitimité du gouvernement (...) Ce genre de réactions n'existent pas dans beaucoup d'autres pays, où le travail des parlementaires est différent et perçu différemment...

- Mais c'est également le cas au niveau local ! Une majorité doit être comme un seul homme derrière le maire de Grenoble, le président du conseil général ou celui de la Métro. Une brebis égarée est forcément mal vue... et on lui dira: "Et la loyauté?"

On peut tout à fait être loyal, respecteux d'une certaine discipline majoritaire, tout en pointant un certain nombre de faiblesses ou d'insuffisances.

- Comme quand le Parti communiste, lors du vote du budget à la Métro, expose ses inquiétudes et dit que la Métro devrait se recentrer sur ses priorités ?

Je pense que la Métro est bien centrée sur ses priorités (...) Mais l'expression est libre, ça permet de dialoguer. Personne n'est parfait, il faut aussi entendre ce que les uns et les autres peuvent dire et en tirer profit dans l'intérêt général.

- Sentez-vous un durcissement de votre opposition à la Métro ? 

L'intercommunalité est davantage politisée qu'avant. La politique, c'est s'occuper des autres et des affaires de la cité, donc on est en plein dedans. Bon, alors, de temps en temps, il peut y avoir des réactions plus ou moins politiciennes, que je regrette toujours. Je suis pour privilégier le débat et parfois, la forme ou des postures peuvent l'emporter. C'est dommage au niveau intercommunal... Il y a des communes de gauche, des communes de droite, et on sait très bien qu'il faut qu'on travaille ensemble. C'est un peu comme au niveau européen: il y a des gouvernements de gauche et de droite. On ne peut pas imposer les choses donc on est obligatoirement dans une culture de compromis, ce qui n'empêche pas d'afficher ses convictions. Mais le projet que nous avons pour l'agglomération, il est clairement de gauche: nos priorités, c'est le logement, la politique de la ville, la rénovation urbaine, c'est aussi toutes nos politiques environnementales, ce sont les déplacements, avec priorité aux transports en commun. Et c'est l'attractivité économique.

- Ça ne fait pas un peu trop ?

Non, non, ce sont quatre axes qui sont essentiels au niveau d'une agglomération.

- Dites-moi: le Stade des Alpes, il entre dans laquelle de ces quatre catégories ?

Il fallait de l'attractivité. Et là où il est situé, je pense que nous avons tenu compte de politiques environnementales. Il est au coeur des transports en commun. Imaginez un seul instant, si cet équipement avait été un peu plus loin des transports en commun, nécessitant des parkings, et un usage beaucoup plus important de la voiture. Donc, voilà.

- Avec le recul, vous qui êtes "un homme de compromis", vous qui n'aimez pas les bastons politiques, comment avez-vous vécu les recours, les "anti-stade" dans les arbres, là, juste sous vos fenêtres ? Et il y a encore des recours devant le tribunal... Est-ce le genre de choses susceptibles de vous mettre en colère ?

En colère, non. Mais ça me rend triste. J'ai vécu des événements douloureux, avec des mises en cause m'apparaissant injustes et allant au-delà des enjeux et des divisions qu'on peut avoir. J'estime qu'un certain nombre de limites ont été franchies. Quand on se fait traiter d'assassin, bon, il y a, je l'espère, des mots qui ont dépassé la pensée. Quand on m'a accusé d'avoir été à l'origine de l'accueil d'activités industrielles sur Pont-de-Claix, délocalisées de Toulouse, d'AZF, simplement pour financer le stade, c'était honteux, indécent. Je suis donc triste de voir cela. Tout le monde a été dépassé par la polémique. Peut-être qu'on a notre part de responsabilité sur la façon dont on a conduit les choses. Sûrement, même. Mais je pense qu'il y a eu beaucoup d'excès, de passions excessives. D'ailleurs, je retrouve beaucoup de gens aujourd'hui, qui étaient contre, qui ont manifesté contre, et qui reconnaissent que ce stade n'est pas si mal que cela, pas si mal placé.

- Des élus ? Ce serait un scoop !

Non, des citoyens, qui admettent avoir changé d'avis. J'en suis ravi.

- Et maintenant: la rocade ! Ça pourrait même être encore plus long, plus violent...

J'espère que non. Mais là aussi, je peux comprendre les opinions divergentes. Cela dit, c'est une décision qui a été prise, qui a sa logique. A nous de bien l'expliquer. J'entends l'un des arguments: "Tout cet argent, vous ne pourrez pas le mettre sur autre chose à partir du moment où l'argent n'est pas illimité". Je suis évidemment très attentif à cette observation. Mais à nous de trouver les solutions pour que ce soit davantage l'usager que le contribuable. On est en train de cheminer vers cette direction. On attend aussi quelques résultats. Moi je fais confiance à André Vallini, à Marc Baïetto, pour conduire intelligemment ce projet, puis pour faire en sorte que l'ouvrage en tant que tel puisse être financé dans le cadre d'un partenariat public/privé. Et que l'argent public soit davantage consacré, enfin, soit essentiellement consacré à l'aménagement urbain autour.

- A chaque mandat de la Métro: un grand équipement. D'abord la patinoire. Puis le Stade des Alpes. Quel sera donc le prochain gros projet Métro ? Où en est, par exemple, ce Zénith promis par votre voisin de l'autre côté du boulevard Jean-Pain, Michel Destot ? On n'en parle plus...

Rien n'est décidé ni arbitré. Ça fait l'objet de discussions. Ce qu'on a décidé pour ce mandat, c'est de davantage valoriser tous nos espaces naturels et de loisirs. Nous avons la chance d'avoir, au sein de cette aglomération, et aux portes de l'agglomération, des espaces qui méritent d'être encore mieux aménagés, mieux reliés. Ça ne s'appelle vraisemblablement pas un "grand projet". Ce n'est pas non plus un grand équipement. Mais ça peut être une très belle réalisation. Nous avons commencé. Nous sommes présents au Bois Français. La Ville de Grenoble a respecté l'engagement d'augmenter la dimension du parc Paul-Mistral. Après, pour l'équipement, on verra ce qui est le plus utile. La patinoire, c'était nécessaire puisque la précédente ne correspondait plus aux normes. Le stade aussi.

- Le Zénith est-il donc inutile ?

C'est à resituer dans le cadre de l'offre culturelle que nous voulons pour Grenoble. Il faut aussi raisonner à partir des équipements existants. Ce n'est pas à moi de décider seul, ça peut aussi passer par une enquête auprès des habitants. Je souhaite qu'il y ait le maximum de consultation. Je le redis: le stade, au-delà de la polémique très forte sur le lieu d'implantation et sur le coût _débat qui doit être relativisé quand on voit tout ce qui se passe par ailleurs_ il y avait une obligation de faire. On oublie toujours que c'est un stade qui a été fait à la place d'un stade. Bref, il s'imposait. Aujourd'hui, il y a plusieurs choix possibles.

- Entre quoi et quoi ?

Il y en a qui proposent un Zénith, d'autres qui souhaitent qu'on remodèle tout ce qui est autour d'Alpexpo, d'autres encore qui proposent une piscine olympique et de loisirs, une halle d'athlétisme. Rien n'est tranché.

- Johnny Hallyday sera le 1er juillet au Stade des Alpes. A quand d'autres concerts, puisque pour l'instant, des noms ont circulé (Bruce Springsteen, Noir Désir..., NDLR) mais on ne voit rien venir ?

J'attends de voir ce qui va se passer le 1er juillet. Si l'expérience est réussie, oui, ça peut être intéressant de la renouveler.

- Ça peut... ou ça doit ?

Nous sommes pour que cet équipement ne soit pas seulement utilisé pour des manifestations sportives. Mais d'abord, attendons le concert de Johnny Hallyday pour tirer un bilan. On est contraint de toute façon. On ne peut pas organiser ce type d'événements en pleine saison sportive. Donc, ce serait plutôt l'été 2010.

- Ou pendant la trève hivernale 2009...

Oui, mais il fait plus froid.

- Je change complètement de sujet: Marie-Christine Tardy, maire (UMP) de Meylan, disait sur ce site: "Je suis le banquier de la Métro". Elle s'étonnait du manque de solidarité dans l'agglo et ne trouvait pas normal que sa commune donne beaucoup plus que d'autres... Alors, elle n'a pas tort ?

Je crois qu'elle n'a pas raison. Et je crois que la Métro est l'assureur de Meylan, beaucoup plus que Meylan n'est le banquier de la Métro...

- Joli !

(Sourire) Meylan a perdu de la base de taxe professionnelle, notamment cette dernière année. Mais pour le budget de Meylan, ça n'a aucune conséquence, parce que justement, la solidarité joue. Le dispositif de la taxe professionnelle unique est un dispositif de mutualisation entre les communes. Clairement: les disparitions d'entreprises aujourd'hui sur Meylan, la commune n'en souffre pas, c'est la Métro qui en souffre. Je suis prêt à en débattre avec Marie-Christine Tardy. Mais je crois que ce qu'elle dit ne correspond pas tout à fait à la réalité. Le produit de la TP apporté par les entreprises de Meylan, c'est de l'ordre de 7% de la TP perçue par la Métro, donc il y a des choses qu'il faut relativiser.

- Quand on l'a attaquée sur les logements sociaux à Meylan, elle n'a pas sorti le drapeau blanc mais plutôt agité le chiffon rose et donné les chiffres de chez vous, à Seyssins...

Ça fait partie du jeu politique. Oui, la commune de Seyssins est en retard.

- Vous en êtes à combien ?

Autour de 10%.

- C'est plus que les 8% qu'elle vous attribuait, mais encore très loin de la loi et des 20 %...

C'est vrai. Mais à chaque programmation triennale, nous progressons. Nous avons des projets pour améliorer ce pourcentage.

- Mais vous savez ce qu'il y a derrière la critique de Marie-Christine Tardy, que je résume ainsi: "Avant de se dire socialiste, Migaud devrait d'abord balayer devant sa porte..."

Je trouve que ça relève du jeu politicien. J'essaie d'appliquer, sur la commune dont je suis le maire, les principes qui sont les miens. Mais nous partons de loin, avec en plus des espaces fonciers qui se font rares.

- Rechangeons de sujet. Si je vous dis que les élus de la Métro, parfois considérés comme des élus de second niveau, devraient être élus au suffrage direct...

J'y suis favorable, ça fait d'ailleurs partie des propositions du Parti socialiste. Mais nous sommes des élus du suffrage universel direct, puisque nous sommes élus dans nos communes...

- ... sauf que vous n'êtes pas directement élus pour aller à la Métro...

Oui... Mais nous avons une légitimité (...) A ce propos, je suis pour une réforme de notre organisation territoriale.

- Vous êtes pour la suppression de quel niveau ?

Est-ce qu'il faut poser le problème en ces termes ?

- Oui, oui !

Spontanément, je dirais que nous avons sûrement un niveau de trop.

- Qui n'est pas forcément le niveau dont vous êtes le président, qui n'est pas non plus la mairie ni la région, donc qui serait peut-être le conseil général ?

(Il sourit) La question, telle qu'elle est posée, elle est biaisée.

- Non, elle est directe.

Selon la région dans laquelle on se trouve, la réponse peut être différente.

- Désolé d'insister, mais en Rhône-Alpes, quel est le niveau en trop ?

Oui, mais il faut tout repenser globalement. Moi, je suis plutôt pour clarifier les compétences entre les différents niveaux, faire en sorte que tous les niveaux n'aient pas obligatoirement une compétence générale. Ça mérite d'être débattu. En tout cas, je ne suis pas satisfait de notre organisation territoriale, elle est extrêmement complexe, elle ne permet pas l'utilisation de l'argent public la plus efficace et la plus pertinente possible. Enfin, le citoyen peine à s'y retrouver. Je suis vraiment pour la réforme. Je pense d'ailleurs que le cumul des mandats et le Sénat tel qu'il existe aujourd'hui sont deux freins à la réforme de l'Etat.

- Evidemment, s'il y a une loi pour limiter le cumul des mandats, vous allez me dire, comme tous les autres, que vous la voteriez...

Oui, ça fait partie du programme que nous avons défendu. Je vais même faire la question à votre place: "Vous êtes contre le cumul mais vous êtes parmi ceux qui cumulent le plus"...

- Surtout si les conseillers de la Métro sont élus directement !

Eh bien là, on aura des choix à faire. Je suis pour une limitation très stricte du cumul voire même une interdiction du cumul. Mais il faut que ce soit la loi qui le décide. Je prends toujours cet exemple: on a eu, à Grenoble, quelqu'un qui était vraiment très opposé au cumul des mandats. C'était Hubert Dubedout. Il a commencé par être maire de Grenoble, puis il s'est résolu à être député, parce qu'il s'est aperçu que, dans notre système, on désavantage à la commune que l'on représente si on n'a pas aussi, une fonction nationale. Le fait d'être aussi député ou sénateur, ouvre plus de portes que si on ne l'est pas. Donc voilà. Mais à partir du moment où la règle est la même pour tout le monde...

- Mais pourquoi être contre le cumul si vous pensez que c'est mieux de cumuler ?

Le système est aujourd'hui trop centralisé. Mais si on remet en cause l'organisation politico-administrative, ça devrait nous permettre de déboucher sur un non-cumul des mandats. Et moi je rêve presque d'avoir, à l'Assemblée, une ou deux législatures sans cumul des mandats. Parce que, d'une certaine façon, le législateur, le député, le sénateur, voit un certain nombre de réformes en fonction du mandat local qu'il peut avoir.

- Petite question d'actu: quel regard portez-vous sur ce qui se passe à Grenoble, sur la Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), les histoires de compensation, Michel Savin qui tacle Michel Destot, pas d'unanimité la dernière fois à la Métro, et des citoyens qui ne comprennent pas grand-chose ?

Il y a bien sûr un jeu politicien. Je pense qu'il est légitime que les communes puissent rester maîtresses de la façon dont est répartie la charge fiscale sur leurs propres contribuables. Dans ce que j'ai compris de Michel Savin, il souhaite qu'on ne puisse pas reprocher à la Métro une augmentation qui, en fait, n'est pas la conséquence d'une décision de la Métro, mais d'une décision d'une commune. Bon... Je dois prendre l'initiative de réunir les présidents de groupes à la Métro avec les maires des communes concernées. J'espère que nous parviendrons à un accord. Je crois important pour l'avenir de notre intercommunalité que les demandes de Grenoble, de Sassenage et de Veurey soient prises en compte.

- Ne pas être parvenu à un accord la première fois, c'est un échec personnel ?

Un échec personnel pour qui ?

- Pour vous ? Pour Michel Destot ?

Il y a des choses qui méritent qu'un débat se prolonge.

- Et si un accord n'est pas trouvé la seconde fois, là, ce sera un échec personnel ?

Ce sera en tout cas un échec. Moi, je souhaite un compromis qui soit voté par tout le monde.

- Est-ce que les écologistes vous manquent à la Métro ?

Je pense que la dimension environnementale est vraiment prise en compte. Je ne suis pas de ceux qui considèrent que les Verts ont le monopole de l'écologie. D'une certaine façon, ils ont contribué à une prise en compte plus importante de ces problèmes-là. Mais quelle est la part de ce qui relève du politique ou de l'associatif ? Un Nicolas Hulot ou un Arthus-Bertrand peuvent faire autant, me semble-t-il.

- Ou un Jean-Marc Uhry (PS) à la Métro !

Ou un Jean-Marc Uhry ! Je souhaite que le PS soit autant écologique.

- Du coup, les écologistes ne vous manquent pas...

Je ne pose pas le problème ainsi. Ils ne sont plus là, ce n'est pas de mon fait, voilà. Moi, je travaille avec les élus qui composent le conseil de la communauté d'agglomération. Et comme je vous le disais: dans les formations politiques, à commencer par le Parti socialiste, il y a une préoccupation environnementale forte. Dans la liste de Michel Destot, il y a Eric Grasset, qui est resté autant écologiste qu'avant.

- Finalement, je n'ai pas réussi, depuis une heure, à vraiment vous énerver. Est-ce que j'ai oublié une question qui aurait pu vous faire exploser ?

Mais pourquoi s'énerver ? Bon, j'admets que de temps en temps, il faut garder une capacité d'indignation.

- Alors, qu'est-ce qui vous indigne ?

La mauvaise foi. Le mensonge. J'estime qu'on peut faire de la politique et rester de bonne foi.

- Plus dur: est-ce qu'on peut faire de la politique sans langue de bois ?

Oui.

- Est-ce que vous avez été un peu langue de bois pendant cette interview ?

J'espère que non.

- Vous espérez que non ou vous en êtes sûr ?

Pour moi, j'en suis sûr. Après, vous pouvez penser différemment et vos lecteurs pourront penser différemment. Mais j'essaie d'être sincère. Tout dépend ce qu'on entend par langue de bois. Si c'est avoir des propos qui sont à la fois fermes mais dans le même temps mesurés et respectueux de ce que peuvent penser d'autres, donc à ce moment-là, oui, je suis langue de bois.

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Vos réactions
C’est aberrant cette façon de se dégager de ses responsabilités
- Didier Migaud, Maire, Président de communauté d’agglo, Député, Président de la commission des finances, est le plus grand opposant au cumul des mandats, mais il pense que le cumul est indispensable, toutefois il est prêt à voter une loi contre … pourquoi alors n’a-t-il pas encore proposé une loi visant à interdire le cumul des mandats, son mandat de député le lui permet, il disposerait à coup sûr du soutien de Destot, Vallini, Fioraso, tous notoirement opposés au cumul des mandats.
-Alors qu’il a réussit tout seul à mettre les finances de l’agglo dans le rouge ( sans jeux de mots ) il se dit « pas satisfait de notre organisation territoriale, elle est extrêmement complexe, elle ne permet pas l'utilisation de l'argent public la plus efficace et la plus pertinente possible. Enfin, le citoyen peine à s'y retrouver », mais c’est lui-même, qui dans notre agglo, a mis en place cette organisation extrêmement complexe à travers la Métro, qui est LE modèle technocratique incompréhensible, fait de règles qui s’empilent, se chevauchent et que même les techniciens communaux ont toutes les peines du monde à utiliser
Jean-Baptiste (Non enregistré) | le 19/06/09 à 22h06
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Pour la forme : c'est décidément difficile de le faire sortir de ses gonds... Mais peut-être M. Echinard a été moins "provoc" qu'à l'accoutumée ?
Pour le fond : du pur Didier Migaud, toujours dans la recherche du consensus. Cela lui réussit bien au vu de ses résultats électoraux. C'est un sacré "renard", il donne peu de prises aux attaques.
Merci à M. Echinard pour cette nouvelle interview de qualité.
PS : j'ai trouvé la question de M. Carignon pas très vache...
tank (Non enregistré) | le 22/06/09 à 21h30
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South of the Loire
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J'arrive
par  Stephen William Rowe

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Le marché de l'Estacade
par  PdF

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Le Cabaret frappé 2010 en images (Partie 2)

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Il y a 12 ans, Grenoble fêtait la Coupe du Monde

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Le Dernier maître de l'air

Créé le : 27/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 28/07/2010 De M. Night Shyamalan avec Noah Ringer, Nicola Peltz et Jackson Rathbone (aventure)

Millenium 3

Créé le : 27/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 28/07/2010 De Daniel Alfredson, avec Noomi Rapace et Michael Nyqvist (policier)

Inception

Créé le : 20/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 21/07/2010 De Christopher Nolan, avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page et Ken Watanabe (science-fiction)

La blonde aux seins nus

Créé le : 20/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 21/07/2010 De Manuel Pradal, avec Vahina Giocante, Nicolas Duvauchelle et Steve Le Roi (comédie dramatique)

Eminem: « Recovery »

Créé le : 15/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 21/06/2010 (Polydor)

Toy Story 3

Créé le : 12/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 14/07/2010 Film d'animation de Lee Unkrich

Tournée

Créé le : 29/06/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 30/06/2010 De Mathieu Amalric, avec Mathieu Amalric, Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey et Linda Marraccini (comédie, drame) / Prix de la mise en scène, Cannes 2010.

Inception

Créé le : 20/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 21/07/2010 De Christopher Nolan, avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page et Ken Watanabe (science-fiction)

MGMT: « Congratulations »

Créé le : 14/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 12/04/2010 (Columbia/Sony BMG)

Slash : « Slash »

Créé le : 13/07/2010

Note de la rédaction :

Date de sortie : 05/04/2010 (Roadrunner)

Camping 2

Créé le : 19/04/2010

Note de la rédaction :
Note des membres :

Date de sortie : 21/04/2010 De Fabien Onteniente avec Franck Dubosc, Mathilde Seigner, Antoine Duléry,, Claude Brasseur et Richard Anconina (comédie)

Mammuth

Créé le : 19/04/2010

Note de la rédaction :
Note des membres :

Date de sortie : 21/04/2010 De Benoît Delépine et Gustave Kervern, avec Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani et Anna Mouglalis (comédie)

Le concert

Créé le : 19/11/2009

Note de la rédaction :
Note des membres :

Date de sortie : 04/11/2009 De Radu Mihaileanu, avec Alexei Guskov, Dimitri Nazarov, Mélanie Laurent, Miou-Miou et François Berléand (comédie dramatique)

L'Autre Dumas

Créé le : 10/02/2010

Note de la rédaction :
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Date de sortie : 10/02/2010 De Safy Nebbou, avec Benoît Poelvoorde, Gérard Depardieu, Mélanie Thierry, Catherine Mouchet et Dominique Blanc (historique)

Alice au pays des merveilles

Créé le : 25/03/2010

Note de la rédaction :
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Date de sortie : 24/03/2010 De Tim Burton, avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Anne Hathaway et Helena Bonham Carter (fantastique)
Le Cabaret Frappé
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"Le dernier maître
de l'air"
: la
dernière bouse de
M. Night Shyamalan
(Retrouvez nos autres critiques)

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