| Le Superbowl comme si vous y étiez... |
Nuit du 3 au 4 février. Tous les Grenoblois dorment. Tous ? Non ! Une salle peuplée d’irréductibles fans de football américain résiste aux sirènes des oreillers, réunie pour regarder le 42e Superbowl... Pour la sixième année consécutive, le club des Centaures a loué une salle du centre de loisirs enfance et famille pour la grand'messe. La finale du championnat américain, quand on joue à « l’autre » football, on ne badine pas avec ça. Alors, une petite centaine de personnes a pris place dans la pièce, luttant contre le sommeil et la peur des obligations du lundi. ![]() Les fans de Tom Brady étaient au rendez-vous. Certains partent « faire un flag à Verdun ». D’autres jouent au jeu vidéo officiel de la NFL sur un mur investi pour l’occasion. Une expédition Macdo s’organise pendant que les derniers profitent de la finale de 3e division 2004, dernière grande épopée en date des Centaures. Quels que soient les choix, tous défendent une même cause. Un public partagé
Le ton monte encore d’un cran pour le début de la retransmission. La quasi-totalité de la salle est française, mais le public est quand même partisan. Les camps sont équilibrés, même si les maillots floqués Tom Brady, quaterback et star des New England Patriots, sont plus nombreux que les sweats à l’effigie des Giants. Un des fans de Boston tente même un "si New York gagne, j’arrête le football". Dès le coup d’envoi, on commence à chambrer sec. Faute d’envolées offensives, chaque gros plaquage, chaque passe mal assurée est ponctué d’un énorme râle. La partie est tendue, l’audience concentrée (à part quelques rares éléments qui ont décidé de passer leur nuit à jouer à la console, dos au match). L’heure tourne, mais personne ne s’en soucie. Même la longue mi-temps et le concert de Tom Petty, pourtant pas l’artiste idéal à deux heures du matin, ne refroidissent pas les ardeurs. Il faut dire que la bière, potion magique moderne offerte à l’ensemble du public, peut aider. Et tout le monde sera récompensé par un final haletant comme rarement vu. La mène change trois fois de mains dans le dernier quart temps, et New York prend l’avantage décisif à seulement 35 secondes du terme. Des émotions qui ont dû aider à dépasser la fatigue d’un lundi forcément difficile. À part peut-être pour ce fan de New England, désormais jeune retraité.
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