| Skate toujours |
Près de deux cents personnes qui se retrouvent à la Bifurk. Un dimanche matin. A l’heure où leurs congénères attendent patiemment qui France 2, qui le gigot familial. Ou dorment, tout simplement. Ce dimanche, c’était la deuxième édition de "Gangs of Skaters" à la Bifurk. Expos, stands autour de la culture skateboard. Et bien sûr, un contest, par équipe. De quoi montrer que les skaters sont des jeunes motivés. Et que cette culture est belle et bien vivace à Grenoble.
Jérémie, un des deux salariés permanents de l’association "skatepark Grenoble", abonde en ce sens : "Il y a une grosse scène locale. On a pas mal de représentants reconnus au haut niveau. Mais, surtout, de très nombreux jeunes qui poussent derrière. " Preuve en est, leur structure est loin d’être une coquille vide. Ils dispensent des cours (à guichets fermés pour cette saison) deux fois par semaine, le mercredi et le samedi. Pendant les vacances scolaires, ils vont initier les jeunes des centres socioculturels à cette pratique. Ils louent aussi du matériel et donnent des conseils aux autres structures qui veulent créer des contests. Et, clou du spectacle, ils organisent deux grandes manifestations par an. Bouts de bois blessés Celle de ce week end touche à la culture de la planche dans son ensemble. Certes, il y a un volet compétition. Des "matches" par équipes de trois, celle récoltant le plus de points restant sur le park. Mais il y a aussi des stands "expose ta board" et "recycle ta board ", dans lesquels Seb montre que les planches ont encore une vie quand elles sont trop usées pour rouler. Car avec ces bouts de bois blessés, il crée de vraies œuvres d’art. Enfin, dans les recoins de la Bifurk on trouve aussi des expos liées à cette culture, de Kevin Métallier, journaliste en reportage sur la scène grenobloise, ou encore Ludovic N’Guyen, artiste autant obnubilé par les planches que les moutons.
"On est soutenu" De quoi prouver que le mouvement est important sur la ville…Malgré quelques embûches. "On est soutenu", estime Jérémie, "mais peut-être pas assez. On manque de lieux d’expression. On a 600 m2 à la Bifurk, et puis c’est tout. Par rapport à des villes comme Lyon, on a aucun spot en centre-ville. C’est dommage, parce qu’on est nombreux à pratiquer." En attendant éventuellement plus d’aide, des journées comme celle-ci montrent que nos skaters se démènent très bien tous seuls.
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